La Danse Orientale

La Danse Orientale

                La danse orientale, qui comprend de nombreuses danses folkloriques fort différentes, est plus souvent connue par le style très savant et noble dit sharqi et d'un autre plus populaire appelé baladi ou encore le saïdi sans oublier le tsifteteli grec, danse guerrière masculine à l'origine et reprise par les femmes, se caractérisant par l'usage de cannes et de nombreux sauts de jambes. Mais ces styles sont loin de représenter comme on le croit souvent toute la danse dite orientale et qui englobe de nombreuses danses plus ou moins locales, comme les danses berbères du Maroc ou encore les fabuleuses danses tsiganes d'Egypte, etc. Bref cette danse ancestrale semble être commune à quelques différences près à tous les peuples d'Asie, d'Afrique du Nord et aussi traditionnellement à tous le bassin méditerranéen.

     Histoire

La danse orientale (le terme « danse du ventre » est réducteur car en réalité tout le corps travaille) ou baladi est une danse originaire du Moyen-Orient et des pays arabes, dansée essentiellement par des femmes, mais aussi, de plus en plus, par des hommes, à travers le monde.

En arabe, elle est appelée Raqs al sharqi (littéralement : danse orientale) et en turc Oryantal dansı, qui a donné le terme de « danse orientale ». Elle est reconnue comme l'une des plus anciennes danses du monde.

On pense que l'origine de cette danse remonte aux anciens rites de fertilité. Elle se développe particulièrement en Égypte au Xe siècle avec l'arrivée d'une population d'Inde.

Les Français ont découvert la danse orientale lorsque les soldats de Bonaparte débarquèrent pendant la campagne d'Égypte. En voyant ces femmes se déhancher langoureusement, ils assimilèrent la danse orientale à une invitation à la prostitution. Plusieurs fois interdite, la danse du ventre devint dans les années 1930 le morceau de bravoure des comédies musicales égyptiennes.

     Danse orientale

La danse orientale est traditionnellement pratiquée par les femmes, qui expriment par cet art leur féminité, leur vitalité, mais aussi leurs sentiments, joies et peines. Il en existe plusieurs styles, dépendant du pays d'origine, et aussi de multiples fusions émergentes. De façon générale, cette danse se caractérise par la dissociation des parties du corps (isolations) qui peuvent bouger indépendamment l'une de l'autre. Cet art compose aussi bien avec les rythmes saccadés que lents et fluides. Elle peut utiliser comme accessoire un voile (ou un double voile), des ailes d'isis, éventail, canne, Melaya Leff (grande étoffe séparée au milieu par une broderie et décorée avec des paillettes dorées ou argentées), sagattes, Shamadan (candélabre porté sur la tête) ...

La pratique de la danse orientale est apparue en Europe et en Amérique dans les cabarets au milieu des années 1930 et années 1940, d'où est issu l'étincelant costume deux pièces brodé de pierres et de paillettes. Depuis les années 1990, cette danse connaît un essor fulgurant partout dans le monde.

Contrairement à ce que l'on peut penser, la danse orientale ne se limite pas à des mouvements du bassin. En effet, elle sollicite souplesse et tonicité du buste, des épaules, des bras, des mains, du bassin et du ventre. Elle permet de tonifier les cuisses, d'assouplir les articulations, de bien développer les abdominaux et d'entretenir le dos. Certains mouvements amples demandent une souplesse extrême du dos mais l'essentiel réside dans la contraction musculaire, si bien qu'on peut pratiquer cette danse à tout âge en fonction des limites de chaque danseuse ou danseur.

    Sur la trace des Tziganes

Dans les villages égyptiens, on appelle une danseuse professionnelle une ghaziya. À l'origine, les ghawazi étaient des Tziganes. C'est maintenant un terme générique qui désigne les danseuses en général, et non plus une tribu particulière ou des tribus comme autrefois. Le rôle important qu'ont joué les tziganes dans l'évolution des danses profanes se retrouve dans la langue turque où le vieux terme de danseuse (cengi) vient de cingene (tzigane).

En Arabe égyptien, ghawazi signifie envahisseur ou étranger, et il est vrai que les Tziganes ont toujours vécu à la périphérie des villes et en marge de la société.

     Les danses du Moyen-Orient

- Danse orientale égyptienne

En Égypte, trois formes principales de la danse traditionnelle sont associées à la danse orientale : la danse populaire, la danse classique et la danse de cabaret. Les termes souvent utilisés sont, respectivement, Sha'abi, Baladi et Sharqi.

Le baladi est un style populaire des tribus arabes qui s'installèrent dans le nord de l'Égypte. Cependant, ce terme s'est vu attribuer une utilisation distincte pour la danse populaire qui continue à être exercée par les classes travailleuses de l'Égypte urbaine. Le style de danse qui tente plus rigoureusement de retenir les traditions populaires de la campagne ou des tribus est souvent appelée Ghawahzee. Les danseurs Ghawahzee ont aussi été connus pour être au cœur du conflit en Égypte sur la bienséance des danses performées en public. Les sœurs Mazin sont généralement réputées pour être les dernières pratiquantes authentiques de la danse Ghawahzee. Khayreyya Mazin est en 2009 la dernière de ces danseuses à continuer l'enseignement et la pratique du Ghawahzee.

Le sharqi est basé sur le style baladi mais fut développé par Samia Gamal, Tahia Carioca, Neima Akef et d'autres danseurs dont la célébrité s'établit pendant l'âge d'or de l'industrie du film égyptienne. Ce style vint à être considéré comme le style classique de la danse égyptienne. Ces danseurs furent célèbres non seulement pour leurs rôles dans les films égyptiens, mais aussi pour leurs performances à l'« Opera Casino » ouvert en 1925 par Badia Masabni. Il s'agissait d'un endroit apprécié par les musiciens et choréographes d'influence d'Europe et des États-Unis qui s'engagèrent dans les performances et carrières des danseurs ; beaucoup des développements de l'âge d'or qui y furent conçus peuvent être considérés comme de nouveaux développements de la danse. Les danseurs suivants qui basèrent leurs styles en partie sur la danse de ces artistes sont Sohair Zaki, Fifi Abdou, Nagwa Fouad. Ils devinrent célèbres entre 1960 et 1980 et sont toujours populaires aujourd'hui. Quelques-uns de ces danseurs furent les premiers à choréographier et pratiquer des danses avec un « orchestre » complet et une mise en scène, ce qui a eu une grande influence sur ce qui est considéré comme le style « classique ».

Bien que les mouvements à la base du Raqs Sharqi n'aient pas changé, la forme de la danse continue à évoluer. Nelly Mazloum et Mahmoud Reda ont incorporé des éléments du ballet dans leurs danses et leur influence s'est fait sentir chez les danseurs égyptiens modernes.

Malgré le fait que les danseurs occidentaux voient l'Égypte comme le berceau de la danse orientale, les danseurs en Égypte ne sont pas bien vus par la société. Les Égyptiens ne considèrent pas la danse orientale comme une profession respectable et la plupart des danseurs donnant des performances pour les touristes en Égypte aujourd'hui sont des étrangers. Les danseurs n'ont pas le droit de pratiquer certains mouvements ou de travailler au sol. La télévision d'État égyptienne ne transmet plus de danse orientale. Un projet pour établir un institut d'État afin d'entraîner les danseurs en Égypte fut lourdement attaqués car, d'après le membre du parlement Farid Esmail, il « compromet sérieusement les traditions de la société égyptienne et viole clairement la constitution ».

 

- Le tsifteteli grec

Le bien connu "tsifteteli" vestige de l'occupation de 400 ans du territoire grec par les Turcs et des vague successives d'immigration des grecs d’Anatolie qui ont quitté leur terre millénaire pour se réfugier en Attique. Ils ont également ramenés des traditions très vivantes connu comme le "Smyrneika". Le "tsifteteli" pourrait être considéré comme une forme légère de la danse du ventre. Il est caractérisé par des mouvements très sensuels suivant le rythme greco-orientale, pas de règles spécifiques mais une musique et une danse très anatolienne qui rappellent immanquablement le passé moyen-oriental de la Grèce.

Plus précisement le Tsifteteli est un rythme et de danse de l'Anatolie et des Balkans avec un motif rythmique de 2 / 4. La danse est probablement d'origine turque d’ailleurs en turque cela signifie «double cordes ». Il y a également des suggestions que la danse existait déjà dans la Grèce antique, connue sous le nom de danse d'Aristophane. La musique byzantine au niveau de la danse est évidente. Il est répandu dans la Grèce et la Turquie, mais aussi dans l'ensemble des région de l'ancien Empire ottoman.

Date de dernière mise à jour : 21/06/2012

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