Le Tribal Fusion

 

Le tribal fusion est un type moderne de danse orientale né aux États-Unis.

 

Histoire et origines

Précurseur du tribal bellydance, Jamila Salimpour débuta sa carrière d'artiste à l'âge de 16 ans dans le cirque Ringling Brothers comme danseuse acrobatique. Elle étudia la musique et la danse orientale et en 1974 commença à se produire dans des évènements culturels et des clubs de Los Angeles et plus tard de San Francisco où elle créa le cabaret Bagdad.

Elle a formé une quantité indénombrable d'artistes et de professeurs dans le monde entier et a organisé des stages et des festivals en enseignant souvent avec sa fille Suhaila Salimpour.

En 1969 elle créa la première troupe de danse tribale de la Côte Ouest, Bal Anat, en se produisant avec les 40 membres de la compagnie.

 

Grands principes

La danse "tribal fusion" s'appuie globalement sur des caractéristiques de l'American Tribal Style Belly Dance (ou danse tribale américaine), dont elle est majoritairement issue. Comme elle, elle puise dans des motifs et techniques de différentes danses traditionnelles et contemporaines comme le flamenco, le kathak (danse de l'Inde du Nord d'origine perse), le Bharata Natyam (forme de danse classique indienne originaire du sud de l'Inde), le breakdance, la danse orientale et la danse tzigane.

Mais là où le style tribal ATS se base sur l'improvisation et la notion de groupe, la danse "tribal fusion" est, elle, chorégraphiée et peut se pratiquer en solo.

Aujourd’hui, des solistes apparaissent ainsi que des troupes utilisant des chorégraphies. Les artistes agrémentent la base ATS de leurs propres influences (jazz, hip-hop, odissi, contemporain...) et beaucoup d'entre elles utilisent la technique Suhaila Salimpour qui leur permet une maitrise totale de leur musculature exécutant alors sur scène des "isolations" fascinantes. Les costumes se personnalisent (ils sont généralement faits à la main selon le goût de chaque danseuse), la musique fusionne, voire devient électro.

Il existe plusieurs courants tels que : fusion gothique, fusion burlesque, fusion romantique, fusion urbaine, liquid fusion... Le point commun à toutes : l'ATS, la posture, l'attitude et la fusion.

 

La technique

Le groupe apprend ensemble un certain nombre de mouvements (ou variations). Chaque troupe crée son propre vocabulaire collectif sur la même base de “clés” et “variations” et peut ainsi improviser sur l’instant. Carolena Nericcio a également imaginé un système de placements des danseuses permettant à la troupe d’improviser. Le “leader” ou “meneur” est toujours devant à gauche, et les “followers” ou “suiveurs” derrière lui. Tous les danseurs sont tournés légèrement de profil pour apercevoir le “leader” en utilisant leur regard périphérique. Il existe ensuite, plusieurs types de “formations” de troupe.
Le concept est ainsi fait que chaque danseur devient “leader” quand il le désire, tout le monde doit alors le suivre. Ensuite, il quitte sa place quand il le désire également. Les danseurs sont donc, dans une même performance, tour à tour meneur et suiveur. Cela implique donc : de la modestie, de l’attention à l’autre, une forte conscience de soi et du groupe pour respecter constamment les placements afin que tous soient vus du public.

 

Les tatouages et les costumes

Les tatouages existent depuis la nuit des temps dans un bien grand nombre de tribus d’orient et d’ailleurs. Les californiennes des années 80 étaient également majoritairement tatouées : il n'est plus un signe d'appartenance à une communauté marginale mais prend véritablement une valeur d'esthétique corporelle. C’est donc tout naturellement que ces femmes ont également fusionné leurs tatouages avec ceux des tribus orientales : le visage est décoré, le corps tatoué. Ces deux apparats font partie intégrante du costume.
Le costume reprend différents atours des danses traditionnelles et folkloriques d’Orient. En opposition à la danse orientale égyptienne classique ou « Raqs Sharqi », le costume est une pièce unique souvent créé par la danseuse elle-même. Il reflète sa vie, ses goûts. Les tissus sont à base de matières naturelles : coton, lin, soie, les accessoires aussi : coquillages, plumes, os, bois, laine. Les bijoux sont antiques.
Au fil des ans, les costumes témoignent également de la culture de chaque danseuse : il devient plus contemporain. Les fibres naturelles disparaissent pour laisser place à des matériaux et accessoires plus synthétiques.

 

Les musiques

Les danseuses utilisent des musiques orientales traditionnelles ou remixées, dans ce domaine également, la fusion est là. Aujourd’hui, de nombreux DJ se spécialisent dans la création de musiques pour danseuses tribales. On y retrouve les influences orientales remixées ou des musiques électroniques. Seules les troupes de danses ATS continuent de danser sur des musiques très traditionnelles égyptiennes pour des raisons de simplicité rythmique. Pour les danseuses tribales fusion, elles choisissent des musiques allant du remix oriental ou gitans jusqu’au rock’n roll en passant par l’électro, la techno, la variété, le rap. N’oublions pas qu’il s’agit de danse orientale tribale américaine. Quelques grands noms de compositeurs actuels : Solace, Amon Tobin, Mercan Dede, DJ Amar, Cheb i Sabbah, Oojami, The Toids, Pentaphobe, the Balkan Beat Box.

 

La pratique

La danse orientale est la seule danse au monde qui fait “danser le ventre”. Le ventre, le centre de vie de la femme. En anglais on l’appelle “core”, c’est le coeur de notre anatomie, de nos énergies, de notre féminité.

Dans la pratique, nous sollicitons les abdominaux et le périnée. Pour les solliciter, il faut les maîtriser. Ce travail est fait en cours. Bien souvent, les élèves disent alors “découvrir leur corps”. Or, découvrir son corps, c’est se l’approprier. C’est, pour elles, l’occasion de l’écouter, le respecter et souvent de s’en émerveiller. Elles se réconcilient avec ce corps qui, pour des raisons personnelles, leur a, un jour, échappé.
Le tribal étant une fusion de plusieurs danses, les élèves pratiquent différents techniques en un seul cours. Elles goûtent à ces danses en les intégrant dans leur pratique.  

×